Tim Burton , Timothy William Burton, de son vrai nom, est né le 25 Août 1958 dans la ville de Burbank en Californie. Une banlieue typique sans âme où les gens se ressemblent tous telle qu'on les voit dans les films de Spielberg. Burbank est située aux abords de Los Angeles et à côté de Hollywood. Cette ville à donc la particularité d'avoir la présence de prestigieux studios tels que :Warner Bros, Disney, Columbia, NBC. Le cinéma est le monde dans lequel Tim Burton va se réfugier.
Cependant Burbank reste une ville calme et paisible. Or Tim Burton est un garçon rêveur et introverti qui s'adapte mal à cet urbanisme. Il fut l'aîné de Bill et Jane Burton, qui trois ans plus tard lui donnèrent un frère, Daniel. Bill Burton travaillait au Burbank Parks and Recreation Departments et Jane Burton était gérante d'une boutique de cadeaux, Cats Plus, dont tous les produits possédaient un motif félin (ce qui fait écho au symbole des entreprises Schreck dans Batman Returns).
Tim est plutôt quelqu'un d'introverti il passe le plus clair de ses temps libres à regarder des films d'horreurs, à la télé ou au cinéma. Il idolâtre particulièrement Vincent Price à qui il s'identifie (il lui dédiera d'ailleurs son court-métrage Vincent, l'histoire d'un jeune garçon se prenant pour Vincent Price ; avant de lui offrir le rôle de l'inventeur, dans Edward Scissorhands). Excepté cette passion pour les films de séries B; Tim Burton s'occupe comme n'importe quel enfant, en dessinant, jouant, ou en terrorisant le petit voisin en lui faisant croire à l'arrivée prochaine des martiens.
Tim ne semble pas particulièrement proche de sa famille, il s'en va vivre à 12 ans chez sa grand-mère, à qui il louera un petit studio à partir de l'âge de 16 ans.
Il semble ne pas avoir beaucoup (pas du tout ?) de contacts avec ses parents à l'heure actuelle.
Un peu dingue, un peu bizarre, névrosé, original et génial. Tim Burton est un Personnage.
Tim Burton n'est pas un fan des Grands Classiques. Il avouait en 1995 avoir vu Citizen Kane, "il y a longtemps", mais qu'il ne s'en souvenait pas du tout. De même il avouait n'avoir quasiment jamais vu un seul film "à Oscars". Burton est avant tout un fan de films d'horreur et de science-fiction. Adolescent il se débrouillait pour découvrir sur grand écran la majorité des séries B ou Z de l'époque. De la Black-exploitation pure comme Scream Blackula Scream, des grands classiques de la Hammer comme Dr Jekyll and Sister Hyde, etc...
L'un de ses films favoris est le célèbre nanar The Brain That Wouldn't Die, qu'il découvrit à la télévision et qu'il qualifie de "tellement horrible qu'il en devient beau, de manière un peu surréaliste". Il adore aussi Jason et les Argonautes, essentiellement pour l'ambiance mythologique et les incroyables effets spéciaux de Ray Harryhausen (effets spéciaux d'animation qu'il ne cessera de reproduire ou de chercher à reproduire dans ses propres films).
Il est aussi bien évidemment fan de grands classiques du Fantastique comme Frankenstein de James Whales (dont l'imagerie est présente dans à peu près tout ses films), King Kong de Cooper, The Creature from the Black Lagoon de Jack Arnold, Dracula de Tod Browning (Ah ! Bela !), Godzilla d'Inoshiro Honda (présent là aussi dans bon nombre de ses films), etc... Et bien sûr, Burton adore les films de Vincent Price, en particulier la série d'adaptation de Poe par Roger Corman, dont les titres phares sont des merveilles comme La Chute de la Maison Usher, La Chambre des Tortures ou bien encore Le Corbeau.
De ses goûts cinématographiques on peut tirer les deux principales idoles du jeune Burton. Vincent Price, évidemment, qu'il a eu la chance de rencontrer quelques années avant sa mort. Il lui a dédié son premier court-métrage, Vincent, Price récitant de sa voix unique le texte écrit par Burton pour le film. Burton lui a aussi donné son dernier rôle sur grand écran, celui de l'Inventeur dans Edward Scissorhands, tout un symbole, très émouvant. Et il lui a aussi consacré tout un documentaire, malheureusement inédit en France. Et leur amitié trouve son écho dans l'amitié Wood/Lugosi d'Ed Wood.
Une autre de ses idoles est "le type qui est à l'intérieur du costume de Godzilla". Dans son enfance Burton avait pour ambition de devenir l'acteur dans la peau du monstre mythique du cinéma japonais. Il rêvait de passer ses journées à écraser des maquettes de villes et à se bagarrer avec d'autres monstres en caoutchouc. Un bien beau rêve, il faut l'avouer.
Tim Burton avoue ne pas lire beaucoup. Il n'est pas très intéressé par la littérature. Et il apprécie surtout les livres pour enfants du Dr Seuss, dont le célèbre The Cat In The Hat et The Grinch That Stole Christmas dont il s'est inspiré pour créer The Nightmare Before Christmas. Burton aime ces histoires simples en apparence mais d'une grande complexité symbolique. De la subversion cachée derrière des histoires enfantines... toute l'œuvre de Burton se définit ainsi.
Et par suite il adore aussi les contes pour enfants, son favori restant la Belle et la Bête, thème que l'on retrouve dans un grand nombre de ses œuvres, encore. On peut citer ses paroles à propos du mythe de The Beauty and The Beast : "C'est vraiment un thème dont on pourrait faire des centaines de variantes et qui me plairait toujours. Sauf le dessin animé qui a été fait récemment par Disney. Celui-là ne m'a pas plu du tout." Pas de doute, Burton a toujours en travers de la gorge son passage dans les studios Disney...
Pour ce qui est de la poésie, Burton est bien évidemment fan d'Edgar Allan Poe, et plus particulièrement de The Raven, poème gothique et bouleversant
En matière de musique, voici comment Burton définit ses goûts : "j'aime tout, du moment que c'est... dramatique". Il aime de nombreux genres sauf la country (ce qui est logique, la country étant le musette américain). En musique classique il adore Bach. Mais il est surtout fan de la musique de la fin des années 70 et du début des années 80. Pas le disco, bien sûr, mais bien le punk, la cold wave et la new wave. Son groupe favori restant Cure. Il emprunte d'ailleurs l'apparence du leader du groupe, Robert Smith, pour trouver l'esthétique d'Edward et même sa propre apparence (cheveux en bataille). L'univers de Cure correspondant là encore à celui de Burton. Sombre, tortueux, romantique et parfois traversé d'éclairs de gaieté lumineux. Il aime aussi les Sex Pistols, les Dead Kennedys... Un homme de goût, donc... Mais aussi Siouxsie and the Banshees, qu'il invitera sur la bande originale de Batman Returns pour un Face To Face historique. Budgie, le batteur des Banshees (et maintenant la moitié des Creatures avec Siouxsie) parle de sa collaboration avec Burton comme d'une expérience fascinante. Et enfin Oingo Boingo, le groupe de Danny Elfman, dont l'univers est véritablement très proche de celui de Burton. A tel point que Danny Elfman deviendra son ami et son compositeur fétiche.
Que dire de plus ? Que l'objet fétiche de Tim Burton est une paire de chaussette à rayures noires ? Et bien oui, il les porte dans toutes les grandes occasions. Par exemple lors de la remise des prix à Cannes en 1997 lorsqu'il était membre du Jury (c'est vrai, j'ai les images !). Les rayures que l'on retrouve (avec les coutures) très souvent dans son imagerie.
En 1992, Burton rencontre Lisa Marie, une ex-mannequin. Leur relation fait immédiatement "tilt !". Car ils possèdent le même univers, la même biographie, les mêmes fascinations. Lisa Marie devient immédiatement LA Muse burtonienne. Elle est le modèle de ses photos les plus délirantes et les plus sublimes. Il lui dédie son livre, The Melancholy Death of Oyster Boy. Il en fait sa nouvelle actrice fétiche. Lisa Marie apparaissant pour des rôles de plus en plus importants dans tous les films de son compagnon depuis leur rencontre. En 1995 dans Ed Wood elle est une Vampira encore plus plantureuse et fascinante que l'originale. En 1997 elle est la fausse martienne de Mars Attacks !, une prestation muette et anthologique. En 1999, elle est la mère d'Ichabod Crane, apparaissant dans les plus belles scènes de Sleepy Hollow.
Pourtant, durant le tournage de la Planète des Singes en 2001, Tim Burton rencontre Helena Bonham Carter. Celle-ci vient remplacer Lisa Marie dans son cœur. Aujourd'hui Tim Burton est papa.
Tim Burton s'essaie dès l'enfance à la bande dessinée et se passionne pour le cinéma d'horreur. Ce seront ensuite ses principales sources d'inspiration. S'il fallait citer un réalisateur qui a réussi à imposer son génie créatif au cinéma, ce serait bien lui en effet, très tôt, il présente des aptitudes pour l'art grâce à ses talents de dessinateur et aux petits film en super 8 qu'il réalise avec des amis. Par conséquent en 1976, alors âgé de 18 ans, Tim décroche une bourse d'études pour le California Institute for the Arts, une très célèbre école d'art fondé par Walt Disney où il est formé à devenir animateur. Si il ne supporte pas beaucoup l'enseignement trop " militaire " qui y est donné, il s'y fera remarquer grâce à son film Stalk of The Celery Monster, et fut ainsi embauché dans la célèbre compagnie.
Tim Burton travail alors comme animateur au studio Disney.Mais cette période ne fut pas aussi édulcorée que les films du grand Walt : Tim Burton travaille sur Rox et Rouky, mais le style des gentils renards ne lui convient pas : " (...) Je n'arrivais même pas à imiter le style Disney. Les miens [renards] ressemblaient à une route défoncée.(...) J'avais l'impression de subir le supplice de la goutte d'eau. (...) Je n'avais pas la force d'endurer cela, c'était au dessus de mes forces. "
Tim adapte son comportement en conséquence : il dort souvent entre 8 et 10h par jour, ajoutant à cela jusqu'à parfois 4h de sommeil en plus pendant ses heures de travail, assis sur sa planche à dessin, le crayon à la main, prêt à se réveiller à la moindre interruption...
Il allait jusqu'à parfois s'enfermer dans une armoire ou en dessous de son bureau...
Mal dans son status d'animateur, il parvient alors à obtenir le poste d'artiste-concepteur sur Taram et le Chaudron Magique. Ce poste lui permettait de laisser libre court à son inspiration en vue de constituer un stock d'idées graphiques pour ce film, dans lequel les autres animateurs pourraient venir puiser. Mais Disney n'en utilisa pas une seule pour le film, préférant un style plus traditionnel tout en reconnaissant toutefois le talent de Burton.
" J'ai épuisé, pendant cette période, mon réservoir d'idées pour 10 ans. Lorsqu'au bout de toutes ces années, je me suis rendu compte qu'ils n'avaient rien utilisé, ça m'a fait tout bizarre. Je me sentais comme une princesse prisonnière. Je pouvais dessiner tout ce que je voulais, mais j'avais l'impression d'être dans une cellule que la lumière du jour n'éclairait jamais ".
Malgré ses déboires, Burton se trouve tout de même quelques alliés chez Disney, dont Tom Wilhite, responsable du développement créatif, qui décèle son talent hors normes et lui propose 60 000 $ pour produire Vincent, un court métrage d'animation basée sur un poème de Burton dont il voulait d'abord faire un livre.
Écrit à la manière du Dr Seuss, ce film de 5 minutes, en noir et blanc contrasté et inspiré de l'expressionnisme allemand, raconte l'histoire du petit Vincent Malloy qui se prend pour Vincent Price...
Le scénario fut envoyé à Vincent Price lui-même, dans le but de l'obtenir à la narration du film.
Celui-ci, malgré un statut de star, accepte modestement la proposition...
Selon Burton, il percevait exactement le sens -et la psychologie- de Vincent.
Ce sera une rencontre extrêmement importante pour Burton, et entamera le début d'une amitié, entre le fan et l'idole, qui durera jusqu'à la mort de l'acteur.
Bien que le film remporta plusieurs prix, il fut rapidement rangé dans les tirroirs de Disney, qui ne savait pas vraiment quoi faire d'un court métrage.
Après avoir quitté Disney et réalisé les téléfilms Aladdin et Frankenweenie, il met en scène son premier long métrage en 1986 : Pee Wee's Big Adventure qui trace le parcours délirant et burlesque d'un imbécile heureux parti à la recherche de son vélo volé. Il ne s'agit sans doute pas de son meilleur film, mais il nous donne une indication sur les personnages et les histoires que Tim Burton va créer tout au long de ses réalisations. Ce délirant Pee Wee's Big Adventure apporte un triomphe international à son scénariste-interprète Pee Wee Herman.
En 1988, il signe Beetlejuice, comédie fantastique à l'humour grinçant, au délire visuel et à l'inspiration macabre où Michael Keaton interprète un fantôme dégueulasse, pervers et farceur dans une maison hantée. Beetlejuice est un exorciste chargé d'aider un couple de fantômes à se débarrasser des indélicats mortels qui se sont appropriés leur maison. Le ton du film s'oriente un peu plus vers la satire d'une certaine Amérique (celle de la banlieue de Burbank) et derrière les gags grossiers de Beetlejuice, on perçoit déjà la revendication de la différence qu'elle soit physique, idéologique ou esthétique.
Tim Burton y témoigne d'une extrême originalité et s'affirme comme l'un des réalisateurs américains les plus inventifs de sa génération.
Après ce gros succès, il reprend l'un des mythes les plus tenaces de l'imaginaire américain : "l'homme-chauve-souris", le justicier masqué,Batman. Cette superproduction interprétée par des stars (Jack Nicholson, Michael Keaton, Kim Bassinger, Jack Palance... ) et encombrée d'effets spéciaux sophistiqués lui apporte une célébrité qui le dépasse un peu et qui le pousse à revenir à un cinéma plus personnel.
C'est alors qu'il réalise Edward aux mains d'argent, oeuvre atypique qui renferme tous les thèmes chers à cet amoureux du fantastique et qui lui permet de revenir aux sources.
En 1992, il fait intervenir de nouveaux personnages dans Batman returns . Cette suite est supérieure au premier, notamment grâce aux personnages de Pingouin (interprété par Danny De Vito), et la sublime et sadique Catwoman interprété par la non moins sublime Michelle Pfeiffer
Le succès de la suite de Batman (Batman, le défi) lui donne désormais le pouvoir d'utiliser la machinerie hollywoodienne pour concrétiser des projets totalement inventifs et personnels.
Entre temps, en 1991, Tim Burton réalise son film le plus personnel :Ed Wood qui sortira en 1995. Ce film est une biographie en noir et blanc de Ed Wood, cinéaste de films d'horreur dans les années cinquante. Tim Burton confie le rôle principal à Johnny Depp, magistral comme d'habitude. Le ton plus mélancolique et les personnages sont définitivement en dehors de la réalité.
En 1993, il conçoit une comédie musicale entièrement réalisée avec des figurines sculptées (The Nightmare Before Christmas). Après ce film d'animation visionnaire, il a réalisé un documentaire émouvant sur Vincent Price, Vincent and me, qui fut projeté au grand acteur deux jours avant sa mort.
Après Ed Wood, Tim Burton réalise Mars attacks ! (1997), hommage aux séries B des années 50 et véritable parodie d'Independance Day (même si Tim Burton s'en défend). C'est d'ailleurs la lecture la plus intéressante du film tant Burton met en exergue le ridicule du film de Roland Emmerich.
Enfin, en 1999, il retrouve Johnny Depp aux côtés de Christina Ricci dans Sleepy hollow, la légende du cavalier sans tête. Une fois de plus, c'est Danny Elfman qui signe la très belle musique du film. La photographie et les décors sont sublimes.
Il se penche ensuite,à corps perdu, dans le remake de La Planète des singes même si ses admirateurs n'y reconnaissent pas forcément la patte Burton, et lui préfèrent sans doute la douce mélancolie de Big Fish (2003), ou l'histoire d'un père mourant cherchant à se réconcilier avec son fils.
En 2005 est arrivé dans les salles de cinéma le nouveau film de Tim Burton : "Charlie et La Chocolaterie"qui est une adaptation cinématographique du classique de la littérature enfantine Charlie and the Chocolate Factory, écrit en 1964 par Roald Dahl.
Et actuellement au cinéma son dernier film : Corpse Bride ( Les Noces Funèbres).Pour ce long-métrage d'animation Tim Burton s'est inspiré d'une légende russe.
Dans son parcours cinématographique on remarque un succès avec Johnny Depp. En effet il travaille de nombreuses fois avec Tim Burton (Ed Wood, Edward aux mains d'argent, Sleepy Hollow, Charlie et la chocolaterie et prête sa voix au personnage principal du film d'animation Les Noces Funèbres). On peut aussi voir une complicité entre Tim Burton et Danny Elfman, en effet on constate que, Danny s'occupe systématiquement de composer les partitions musicales de Tim Burton . C'est une collaboration dès plus fructueuse qui va alors commencer entre les deux hommes. Tous deux partagent les mêmes goûts pour le macabre, le lyrisme et les films d'épouvante. Sur la piste sonore, cela donne des thèmes aussi inoubliables que celui de "Batman", de "Beetlejuice", les choeurs fantomatiques de "Edward aux mains d'argent", la folie furieuse de "Mars Attacks". Mais, au sommet de ces morceaux d'anthologie, se trouvent les B.O. de "Batman, le défi" et de "L'Etrange Noël de Mr Jack", d'une richesse incroyable, d'une virtuosité à couper le souffle.
Danny Elfman composera également la musique de "Family Dog", un épisode de la série "Histoires fantastiques" produite par Steven Spielberg. Les deux hommes se complètent donc à merveille. Elfman semble avoir le don de retranscrire musicalement les intentions du cinéaste, amplifiant le film par un travail toujours plus précis. Au point que, Elfman s'investira totalement dans "L'Etrange Noël de Mr Jack", guidant la majeure partie de la trame scénaristique par des chansons, doublant la voix de Jack et de plusieurs autres personnages, et, enfin, en le co-produisant. Après une période de brouille, pour des motifs inconnus, Burton se tournera vers Howard Shore pour illustrer "Ed Wood". Ceci débouche sur un travail plus que satisfaisant, où l'on retrouve tout de même les percussions chères à Elfman. Toutefois, cette distance prise entre les deux hommes sera de courte durée, puisque les deux hommes se réunirent à nouveau sous la bannière du monumental "Mars Attacks". Depuis, leur collaboration s'est poursuivie pour "Sleepy Hollow" ainsi que pour "Big Fish".
"Le plus motivant pour moi, est de créer à l'écran quelque chose de nouveau et de différent, mais auquel le public adhère parce qu'il retrouve, à un niveau ou à un autre, un écho de ses propres expériences. En animation, vous pouvez réaliser à l'image les choses les plus folles qui vous passent par la tête. Mais arriver au même résultat par des prises de vues réelles, est un véritable défi, parce que cela signifie appliquer des concepts d'animation à la vie même." [Tim Burton]
Pour avoir une idée du monde particulier de Tim Burton, et de son imagerie, il suffit de lire son magnifique recueil de poèmes illustrés, La triste fin du petit enfant huître. On est très loin du monde Disney (où Tim Burton a pourtant fait ses premières armes en animation) avec ses petits personnages presque mortuaires tant ils sont seuls, souvent malheureux et surtout différents. Car l'œuvre de Tim Burton est tout entière un hommage à la différence, à la liberté de celui qui n'est pas comme pas les autres. Lui-même n'était pas un petit garçon comme les autres.
La première chose qui semble caractéristique de la carrière de Burton est une attirance pour les histoires étranges, ne traitant pas du monde réel. Il ne semble pas pouvoir concevoir un film sans inclure des éléments fantastiques, inscrivant l'histoire dans un univers relevant de la fiction. On remarque pourtant un film qui met toutes ces accusations par terre : Ed Wood. On ne saurait le considérer comme un film marginal de Burton, non seulement parce qu'il l'adore mais aussi parce qu'il contient exactement les mêmes thèmes de réflexion que ses autres films, entre autres : l'incompréhension, l'intolérance, la différence entre ce qu'on est et ce qu'on montre de soi, la volonté d'être soi malgré tout. Ed Wood met pourtant bien en scène des personnages ayant existé.
Tim Burton fait donc preuve d'une unité thématique exceptionnelle. Utilisant tous ses fantasmes, toute l'imagerie de son enfance pour transcender ses œuvres. Mais finalement peu importe la biographie de l'auteur, les images et les textes parlent bien mieux d'eux-mêmes et de lui-même...
Cependant Burbank reste une ville calme et paisible. Or Tim Burton est un garçon rêveur et introverti qui s'adapte mal à cet urbanisme. Il fut l'aîné de Bill et Jane Burton, qui trois ans plus tard lui donnèrent un frère, Daniel. Bill Burton travaillait au Burbank Parks and Recreation Departments et Jane Burton était gérante d'une boutique de cadeaux, Cats Plus, dont tous les produits possédaient un motif félin (ce qui fait écho au symbole des entreprises Schreck dans Batman Returns).
Tim est plutôt quelqu'un d'introverti il passe le plus clair de ses temps libres à regarder des films d'horreurs, à la télé ou au cinéma. Il idolâtre particulièrement Vincent Price à qui il s'identifie (il lui dédiera d'ailleurs son court-métrage Vincent, l'histoire d'un jeune garçon se prenant pour Vincent Price ; avant de lui offrir le rôle de l'inventeur, dans Edward Scissorhands). Excepté cette passion pour les films de séries B; Tim Burton s'occupe comme n'importe quel enfant, en dessinant, jouant, ou en terrorisant le petit voisin en lui faisant croire à l'arrivée prochaine des martiens.
Tim ne semble pas particulièrement proche de sa famille, il s'en va vivre à 12 ans chez sa grand-mère, à qui il louera un petit studio à partir de l'âge de 16 ans.
Il semble ne pas avoir beaucoup (pas du tout ?) de contacts avec ses parents à l'heure actuelle.
Un peu dingue, un peu bizarre, névrosé, original et génial. Tim Burton est un Personnage.
Tim Burton n'est pas un fan des Grands Classiques. Il avouait en 1995 avoir vu Citizen Kane, "il y a longtemps", mais qu'il ne s'en souvenait pas du tout. De même il avouait n'avoir quasiment jamais vu un seul film "à Oscars". Burton est avant tout un fan de films d'horreur et de science-fiction. Adolescent il se débrouillait pour découvrir sur grand écran la majorité des séries B ou Z de l'époque. De la Black-exploitation pure comme Scream Blackula Scream, des grands classiques de la Hammer comme Dr Jekyll and Sister Hyde, etc...
L'un de ses films favoris est le célèbre nanar The Brain That Wouldn't Die, qu'il découvrit à la télévision et qu'il qualifie de "tellement horrible qu'il en devient beau, de manière un peu surréaliste". Il adore aussi Jason et les Argonautes, essentiellement pour l'ambiance mythologique et les incroyables effets spéciaux de Ray Harryhausen (effets spéciaux d'animation qu'il ne cessera de reproduire ou de chercher à reproduire dans ses propres films).
Il est aussi bien évidemment fan de grands classiques du Fantastique comme Frankenstein de James Whales (dont l'imagerie est présente dans à peu près tout ses films), King Kong de Cooper, The Creature from the Black Lagoon de Jack Arnold, Dracula de Tod Browning (Ah ! Bela !), Godzilla d'Inoshiro Honda (présent là aussi dans bon nombre de ses films), etc... Et bien sûr, Burton adore les films de Vincent Price, en particulier la série d'adaptation de Poe par Roger Corman, dont les titres phares sont des merveilles comme La Chute de la Maison Usher, La Chambre des Tortures ou bien encore Le Corbeau.
De ses goûts cinématographiques on peut tirer les deux principales idoles du jeune Burton. Vincent Price, évidemment, qu'il a eu la chance de rencontrer quelques années avant sa mort. Il lui a dédié son premier court-métrage, Vincent, Price récitant de sa voix unique le texte écrit par Burton pour le film. Burton lui a aussi donné son dernier rôle sur grand écran, celui de l'Inventeur dans Edward Scissorhands, tout un symbole, très émouvant. Et il lui a aussi consacré tout un documentaire, malheureusement inédit en France. Et leur amitié trouve son écho dans l'amitié Wood/Lugosi d'Ed Wood.
Une autre de ses idoles est "le type qui est à l'intérieur du costume de Godzilla". Dans son enfance Burton avait pour ambition de devenir l'acteur dans la peau du monstre mythique du cinéma japonais. Il rêvait de passer ses journées à écraser des maquettes de villes et à se bagarrer avec d'autres monstres en caoutchouc. Un bien beau rêve, il faut l'avouer.
Tim Burton avoue ne pas lire beaucoup. Il n'est pas très intéressé par la littérature. Et il apprécie surtout les livres pour enfants du Dr Seuss, dont le célèbre The Cat In The Hat et The Grinch That Stole Christmas dont il s'est inspiré pour créer The Nightmare Before Christmas. Burton aime ces histoires simples en apparence mais d'une grande complexité symbolique. De la subversion cachée derrière des histoires enfantines... toute l'œuvre de Burton se définit ainsi.
Et par suite il adore aussi les contes pour enfants, son favori restant la Belle et la Bête, thème que l'on retrouve dans un grand nombre de ses œuvres, encore. On peut citer ses paroles à propos du mythe de The Beauty and The Beast : "C'est vraiment un thème dont on pourrait faire des centaines de variantes et qui me plairait toujours. Sauf le dessin animé qui a été fait récemment par Disney. Celui-là ne m'a pas plu du tout." Pas de doute, Burton a toujours en travers de la gorge son passage dans les studios Disney...
Pour ce qui est de la poésie, Burton est bien évidemment fan d'Edgar Allan Poe, et plus particulièrement de The Raven, poème gothique et bouleversant
En matière de musique, voici comment Burton définit ses goûts : "j'aime tout, du moment que c'est... dramatique". Il aime de nombreux genres sauf la country (ce qui est logique, la country étant le musette américain). En musique classique il adore Bach. Mais il est surtout fan de la musique de la fin des années 70 et du début des années 80. Pas le disco, bien sûr, mais bien le punk, la cold wave et la new wave. Son groupe favori restant Cure. Il emprunte d'ailleurs l'apparence du leader du groupe, Robert Smith, pour trouver l'esthétique d'Edward et même sa propre apparence (cheveux en bataille). L'univers de Cure correspondant là encore à celui de Burton. Sombre, tortueux, romantique et parfois traversé d'éclairs de gaieté lumineux. Il aime aussi les Sex Pistols, les Dead Kennedys... Un homme de goût, donc... Mais aussi Siouxsie and the Banshees, qu'il invitera sur la bande originale de Batman Returns pour un Face To Face historique. Budgie, le batteur des Banshees (et maintenant la moitié des Creatures avec Siouxsie) parle de sa collaboration avec Burton comme d'une expérience fascinante. Et enfin Oingo Boingo, le groupe de Danny Elfman, dont l'univers est véritablement très proche de celui de Burton. A tel point que Danny Elfman deviendra son ami et son compositeur fétiche.
Que dire de plus ? Que l'objet fétiche de Tim Burton est une paire de chaussette à rayures noires ? Et bien oui, il les porte dans toutes les grandes occasions. Par exemple lors de la remise des prix à Cannes en 1997 lorsqu'il était membre du Jury (c'est vrai, j'ai les images !). Les rayures que l'on retrouve (avec les coutures) très souvent dans son imagerie.
En 1992, Burton rencontre Lisa Marie, une ex-mannequin. Leur relation fait immédiatement "tilt !". Car ils possèdent le même univers, la même biographie, les mêmes fascinations. Lisa Marie devient immédiatement LA Muse burtonienne. Elle est le modèle de ses photos les plus délirantes et les plus sublimes. Il lui dédie son livre, The Melancholy Death of Oyster Boy. Il en fait sa nouvelle actrice fétiche. Lisa Marie apparaissant pour des rôles de plus en plus importants dans tous les films de son compagnon depuis leur rencontre. En 1995 dans Ed Wood elle est une Vampira encore plus plantureuse et fascinante que l'originale. En 1997 elle est la fausse martienne de Mars Attacks !, une prestation muette et anthologique. En 1999, elle est la mère d'Ichabod Crane, apparaissant dans les plus belles scènes de Sleepy Hollow.
Pourtant, durant le tournage de la Planète des Singes en 2001, Tim Burton rencontre Helena Bonham Carter. Celle-ci vient remplacer Lisa Marie dans son cœur. Aujourd'hui Tim Burton est papa.
Tim Burton s'essaie dès l'enfance à la bande dessinée et se passionne pour le cinéma d'horreur. Ce seront ensuite ses principales sources d'inspiration. S'il fallait citer un réalisateur qui a réussi à imposer son génie créatif au cinéma, ce serait bien lui en effet, très tôt, il présente des aptitudes pour l'art grâce à ses talents de dessinateur et aux petits film en super 8 qu'il réalise avec des amis. Par conséquent en 1976, alors âgé de 18 ans, Tim décroche une bourse d'études pour le California Institute for the Arts, une très célèbre école d'art fondé par Walt Disney où il est formé à devenir animateur. Si il ne supporte pas beaucoup l'enseignement trop " militaire " qui y est donné, il s'y fera remarquer grâce à son film Stalk of The Celery Monster, et fut ainsi embauché dans la célèbre compagnie.
Tim Burton travail alors comme animateur au studio Disney.Mais cette période ne fut pas aussi édulcorée que les films du grand Walt : Tim Burton travaille sur Rox et Rouky, mais le style des gentils renards ne lui convient pas : " (...) Je n'arrivais même pas à imiter le style Disney. Les miens [renards] ressemblaient à une route défoncée.(...) J'avais l'impression de subir le supplice de la goutte d'eau. (...) Je n'avais pas la force d'endurer cela, c'était au dessus de mes forces. "
Tim adapte son comportement en conséquence : il dort souvent entre 8 et 10h par jour, ajoutant à cela jusqu'à parfois 4h de sommeil en plus pendant ses heures de travail, assis sur sa planche à dessin, le crayon à la main, prêt à se réveiller à la moindre interruption...
Il allait jusqu'à parfois s'enfermer dans une armoire ou en dessous de son bureau...
Mal dans son status d'animateur, il parvient alors à obtenir le poste d'artiste-concepteur sur Taram et le Chaudron Magique. Ce poste lui permettait de laisser libre court à son inspiration en vue de constituer un stock d'idées graphiques pour ce film, dans lequel les autres animateurs pourraient venir puiser. Mais Disney n'en utilisa pas une seule pour le film, préférant un style plus traditionnel tout en reconnaissant toutefois le talent de Burton.
" J'ai épuisé, pendant cette période, mon réservoir d'idées pour 10 ans. Lorsqu'au bout de toutes ces années, je me suis rendu compte qu'ils n'avaient rien utilisé, ça m'a fait tout bizarre. Je me sentais comme une princesse prisonnière. Je pouvais dessiner tout ce que je voulais, mais j'avais l'impression d'être dans une cellule que la lumière du jour n'éclairait jamais ".
Malgré ses déboires, Burton se trouve tout de même quelques alliés chez Disney, dont Tom Wilhite, responsable du développement créatif, qui décèle son talent hors normes et lui propose 60 000 $ pour produire Vincent, un court métrage d'animation basée sur un poème de Burton dont il voulait d'abord faire un livre.
Écrit à la manière du Dr Seuss, ce film de 5 minutes, en noir et blanc contrasté et inspiré de l'expressionnisme allemand, raconte l'histoire du petit Vincent Malloy qui se prend pour Vincent Price...
Le scénario fut envoyé à Vincent Price lui-même, dans le but de l'obtenir à la narration du film.
Celui-ci, malgré un statut de star, accepte modestement la proposition...
Selon Burton, il percevait exactement le sens -et la psychologie- de Vincent.
Ce sera une rencontre extrêmement importante pour Burton, et entamera le début d'une amitié, entre le fan et l'idole, qui durera jusqu'à la mort de l'acteur.
Bien que le film remporta plusieurs prix, il fut rapidement rangé dans les tirroirs de Disney, qui ne savait pas vraiment quoi faire d'un court métrage.
Après avoir quitté Disney et réalisé les téléfilms Aladdin et Frankenweenie, il met en scène son premier long métrage en 1986 : Pee Wee's Big Adventure qui trace le parcours délirant et burlesque d'un imbécile heureux parti à la recherche de son vélo volé. Il ne s'agit sans doute pas de son meilleur film, mais il nous donne une indication sur les personnages et les histoires que Tim Burton va créer tout au long de ses réalisations. Ce délirant Pee Wee's Big Adventure apporte un triomphe international à son scénariste-interprète Pee Wee Herman.
En 1988, il signe Beetlejuice, comédie fantastique à l'humour grinçant, au délire visuel et à l'inspiration macabre où Michael Keaton interprète un fantôme dégueulasse, pervers et farceur dans une maison hantée. Beetlejuice est un exorciste chargé d'aider un couple de fantômes à se débarrasser des indélicats mortels qui se sont appropriés leur maison. Le ton du film s'oriente un peu plus vers la satire d'une certaine Amérique (celle de la banlieue de Burbank) et derrière les gags grossiers de Beetlejuice, on perçoit déjà la revendication de la différence qu'elle soit physique, idéologique ou esthétique.
Tim Burton y témoigne d'une extrême originalité et s'affirme comme l'un des réalisateurs américains les plus inventifs de sa génération.
Après ce gros succès, il reprend l'un des mythes les plus tenaces de l'imaginaire américain : "l'homme-chauve-souris", le justicier masqué,Batman. Cette superproduction interprétée par des stars (Jack Nicholson, Michael Keaton, Kim Bassinger, Jack Palance... ) et encombrée d'effets spéciaux sophistiqués lui apporte une célébrité qui le dépasse un peu et qui le pousse à revenir à un cinéma plus personnel.
C'est alors qu'il réalise Edward aux mains d'argent, oeuvre atypique qui renferme tous les thèmes chers à cet amoureux du fantastique et qui lui permet de revenir aux sources.
En 1992, il fait intervenir de nouveaux personnages dans Batman returns . Cette suite est supérieure au premier, notamment grâce aux personnages de Pingouin (interprété par Danny De Vito), et la sublime et sadique Catwoman interprété par la non moins sublime Michelle Pfeiffer
Le succès de la suite de Batman (Batman, le défi) lui donne désormais le pouvoir d'utiliser la machinerie hollywoodienne pour concrétiser des projets totalement inventifs et personnels.
Entre temps, en 1991, Tim Burton réalise son film le plus personnel :Ed Wood qui sortira en 1995. Ce film est une biographie en noir et blanc de Ed Wood, cinéaste de films d'horreur dans les années cinquante. Tim Burton confie le rôle principal à Johnny Depp, magistral comme d'habitude. Le ton plus mélancolique et les personnages sont définitivement en dehors de la réalité.
En 1993, il conçoit une comédie musicale entièrement réalisée avec des figurines sculptées (The Nightmare Before Christmas). Après ce film d'animation visionnaire, il a réalisé un documentaire émouvant sur Vincent Price, Vincent and me, qui fut projeté au grand acteur deux jours avant sa mort.
Après Ed Wood, Tim Burton réalise Mars attacks ! (1997), hommage aux séries B des années 50 et véritable parodie d'Independance Day (même si Tim Burton s'en défend). C'est d'ailleurs la lecture la plus intéressante du film tant Burton met en exergue le ridicule du film de Roland Emmerich.
Enfin, en 1999, il retrouve Johnny Depp aux côtés de Christina Ricci dans Sleepy hollow, la légende du cavalier sans tête. Une fois de plus, c'est Danny Elfman qui signe la très belle musique du film. La photographie et les décors sont sublimes.
Il se penche ensuite,à corps perdu, dans le remake de La Planète des singes même si ses admirateurs n'y reconnaissent pas forcément la patte Burton, et lui préfèrent sans doute la douce mélancolie de Big Fish (2003), ou l'histoire d'un père mourant cherchant à se réconcilier avec son fils.
En 2005 est arrivé dans les salles de cinéma le nouveau film de Tim Burton : "Charlie et La Chocolaterie"qui est une adaptation cinématographique du classique de la littérature enfantine Charlie and the Chocolate Factory, écrit en 1964 par Roald Dahl.
Et actuellement au cinéma son dernier film : Corpse Bride ( Les Noces Funèbres).Pour ce long-métrage d'animation Tim Burton s'est inspiré d'une légende russe.
Dans son parcours cinématographique on remarque un succès avec Johnny Depp. En effet il travaille de nombreuses fois avec Tim Burton (Ed Wood, Edward aux mains d'argent, Sleepy Hollow, Charlie et la chocolaterie et prête sa voix au personnage principal du film d'animation Les Noces Funèbres). On peut aussi voir une complicité entre Tim Burton et Danny Elfman, en effet on constate que, Danny s'occupe systématiquement de composer les partitions musicales de Tim Burton . C'est une collaboration dès plus fructueuse qui va alors commencer entre les deux hommes. Tous deux partagent les mêmes goûts pour le macabre, le lyrisme et les films d'épouvante. Sur la piste sonore, cela donne des thèmes aussi inoubliables que celui de "Batman", de "Beetlejuice", les choeurs fantomatiques de "Edward aux mains d'argent", la folie furieuse de "Mars Attacks". Mais, au sommet de ces morceaux d'anthologie, se trouvent les B.O. de "Batman, le défi" et de "L'Etrange Noël de Mr Jack", d'une richesse incroyable, d'une virtuosité à couper le souffle.
Danny Elfman composera également la musique de "Family Dog", un épisode de la série "Histoires fantastiques" produite par Steven Spielberg. Les deux hommes se complètent donc à merveille. Elfman semble avoir le don de retranscrire musicalement les intentions du cinéaste, amplifiant le film par un travail toujours plus précis. Au point que, Elfman s'investira totalement dans "L'Etrange Noël de Mr Jack", guidant la majeure partie de la trame scénaristique par des chansons, doublant la voix de Jack et de plusieurs autres personnages, et, enfin, en le co-produisant. Après une période de brouille, pour des motifs inconnus, Burton se tournera vers Howard Shore pour illustrer "Ed Wood". Ceci débouche sur un travail plus que satisfaisant, où l'on retrouve tout de même les percussions chères à Elfman. Toutefois, cette distance prise entre les deux hommes sera de courte durée, puisque les deux hommes se réunirent à nouveau sous la bannière du monumental "Mars Attacks". Depuis, leur collaboration s'est poursuivie pour "Sleepy Hollow" ainsi que pour "Big Fish".
"Le plus motivant pour moi, est de créer à l'écran quelque chose de nouveau et de différent, mais auquel le public adhère parce qu'il retrouve, à un niveau ou à un autre, un écho de ses propres expériences. En animation, vous pouvez réaliser à l'image les choses les plus folles qui vous passent par la tête. Mais arriver au même résultat par des prises de vues réelles, est un véritable défi, parce que cela signifie appliquer des concepts d'animation à la vie même." [Tim Burton]
Pour avoir une idée du monde particulier de Tim Burton, et de son imagerie, il suffit de lire son magnifique recueil de poèmes illustrés, La triste fin du petit enfant huître. On est très loin du monde Disney (où Tim Burton a pourtant fait ses premières armes en animation) avec ses petits personnages presque mortuaires tant ils sont seuls, souvent malheureux et surtout différents. Car l'œuvre de Tim Burton est tout entière un hommage à la différence, à la liberté de celui qui n'est pas comme pas les autres. Lui-même n'était pas un petit garçon comme les autres.
La première chose qui semble caractéristique de la carrière de Burton est une attirance pour les histoires étranges, ne traitant pas du monde réel. Il ne semble pas pouvoir concevoir un film sans inclure des éléments fantastiques, inscrivant l'histoire dans un univers relevant de la fiction. On remarque pourtant un film qui met toutes ces accusations par terre : Ed Wood. On ne saurait le considérer comme un film marginal de Burton, non seulement parce qu'il l'adore mais aussi parce qu'il contient exactement les mêmes thèmes de réflexion que ses autres films, entre autres : l'incompréhension, l'intolérance, la différence entre ce qu'on est et ce qu'on montre de soi, la volonté d'être soi malgré tout. Ed Wood met pourtant bien en scène des personnages ayant existé.
Tim Burton fait donc preuve d'une unité thématique exceptionnelle. Utilisant tous ses fantasmes, toute l'imagerie de son enfance pour transcender ses œuvres. Mais finalement peu importe la biographie de l'auteur, les images et les textes parlent bien mieux d'eux-mêmes et de lui-même...


